Le point de vue des cheminots rouges-vifs

Publié le par Rouges-Vifs Ile de France, collectif Cheminots

Service public, salaires, emploi, conditions de travail :
LA GRÈVE DES CHEMINOTS EST UNE ACTION DE SALUT PUBLIC !

Ras le bol !

C’est le point de départ de la grève à la SNCF. Ras le bol du sabotage, par des restructurations incessantes, des efforts quotidiens des cheminots pour assurer, coûte que coûte, le service public ferroviaire. Ras le bol de fonctionner systématiquement en sous effectifs, d’être débricolés en permanence, de vivre une vie familiale instable, de ne plus avoir les congés souhaités. Ras le bol d’être payés une misère devant tant de sacrifices personnels alors que le coût de la vie est plus que jamais insupportable. Ras le bol d’être méprisés par des dirigeants qui considèrent les travailleurs, seuls créateurs de richesses, comme des coûts financiers qu’il faudrait réduire à l’infini pour être compétitif !

Ras le bol mais aussi conscience que les réorganisations tous azimuts de la SNCF préparent la vente à la découpe de l’outil national de transport ferroviaire qui appartient à la Nation, non à quelques technocrates aux ordres du MEDEF et d’un pouvoir discrédité. L’exemple d’autres entreprises publiques, transformées en SA et privatisées, renforce le sentiment des cheminots en lutte qu’il ne faut pas attendre les annonces officielles pour résister.

En cela, cette grève rejoint de nombreuses luttes sociales touchant tous les domaines et qui aspirent à converger. L’abstention historique des milieux populaires aux dernières élections est un autre symptôme de cette révolte qui gronde.

Les motivations de la grève des cheminots

LES SALAIRES : l’aumône de 0,9% lissée sur l’année ce qui revient à 0,6% au final alors que l’inflation est annoncée à 1,2% sonne comme une provocation alors que l’État, unique actionnaire, s’est servi au préalable pour rémunérer les principaux bénéficiaires du bouclier fiscal (130 millions). En annonçant dans les médias une hausse de 3,6%, la direction SNCF manipule les chiffres. C’est un objectif des grévistes que de rétablir la vérité et de gagner une augmentation répondant aux besoins.

LE BESOIN D’EMBAUCHES MASSIVES : Pour pallier aux disfonctionnements quotidiens qui génèrent beaucoup plus de désagréments que la grève. Davantage d’agents pour conduire les trains, pour les accompagner, pour entretenir les matériels et les installations, pour accueillir et répondre aux besoins des usagers, etc..., telles sont les exigences des grévistes.

La question essentielle du service public ferroviaire

Les cheminots ne sont pas en grève pour des intérêts corporatistes. En se révoltant, ils mettent en lumière les convergences d’aspirations avec les usagers et plus largement avec tous les citoyens. Le service public est un bien commun et un droit fondamental.

Ses valeurs, fondées sur la notion d’égalité d’accès et de traitement, d’aménagement du territoire, ont montré dans l’histoire leur efficacité comme moteur de développement de la société, comme facteur de cohésion sociale, comme vecteur d’avancées technologiques et démocratiques permettant l’accès à tous. C’est en contradiction fondamentale avec les prétentions du Capital qui veut soumettre toutes les sphères de la société à la recherche effrénée du profit.

Le secteur public et nationalisé est un potentiel de résistance et en même temps la preuve vivante qu’un autre modèle économique est possible et plus efficace que le capitalisme. Cela lui est insupportable et explique son acharnement à détruire cet exemple.

L’intégration européenne, outil du démantèlement de la SNCF

La cohérence des réorganisations internes ne fait plus mystère d’autant que c’est au nom des traités européens, instaurant la " concurrence libre et non faussée ", que celles-ci sont menées au pas de charge. " Nous sommes obligés de nous adapter et d’abandonner nos prérogatives  pour accueillir d’autres entreprises ferroviaires" disent les dirigeants de la SNCF.

Pourtant, la majorité du peuple Français, et parmi eux les cheminots, a dit NON en 2005 à cette voie. Cette expression par référendum est, du point de vue de la Constitution de notre République, impérative par rapport à un mandat électif, fut-il présidentiel. L’élection de Nicolas Sarkozy ne pouvait rien y changer. Le traité simplifié, réactivant ce que usagers et salariés ont refusé, est illégitime. C’est un acte de forfaiture !

On peut donc parler de trahison de la volonté du peuple, ce qui est confirmé par les résultats deux dernières consultations populaires (dont les européennes) qui accordent moins de 12 % des inscrits à la majorité présidentielle. 88 % veulent une autre option.

Revendiquer la préservation de l’unicité de la SNCF implique d’aller jusqu’au bout de la logique et d’exiger une entreprise publique UNIQUE ayant le monopole du transport ferroviaire. Cela implique de nationaliser les entreprises de chemin de fer privées et les intégrer dans l’EPIC SNCF.

La grève des cheminots peut participer à la construction d’un vaste mouvement populaire

La remise en cause annoncée des fondements du système de financement socialisé des retraites doit pousser le monde du travail à se préparer à l’affrontement. Le mouvement des cheminots va aider à l’élévation du niveau de conscience dans la profession.

Service Public nationalisé et Salaire Socialisé sont deux piliers indissociables de la société nouvelle que nous voulons construire, une société débarrassée du Capitalisme.

9 avril 2010.

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