Vous avez dit Rouges-Vifs ?

Publié le par Emmanuel Lyasse

Il paraît que c’est la justification que donne, en privé, Patrice Bessac, quand un camarade l’interroge sur son obstination à nous chasser et sur son incapacité à répondre à nos arguments statutaires, historiques et immobiliers. « Ce sont des Rouges-Vifs ».

 Hé bien, nous avouons. Il est vrai que certains des adhérents de la section, pas tous, appartiennent à l’association Rouges-Vifs Ile de France. C’est en particulier le cas des trois membres du bureau de section, SImonne Goenvic, Dominique D’Henry et Eric Lynen, élus à l’unanimité, en connaissance de cause, par les adhérents, rouges-vifs ou non. Il est également vrai que cette association tient ses réunions de bureau dans notre local, et y reçoit son courrier. Aucun adhérent de la section non membre de l’association n’a jamais protesté contre cela. (Il est assez amusant d’apprendre que nos expulseurs murmurent que c’est là notre secret honteux, que nous cachons soigneusement pour abuser les militants communistes qui nous défendent : l’adresse est sur tous les textes de l’association, et à la une de son site web. Jean Calvary, son secrétaire, figure en bonne place parmi les signataires de notre pétition, ès qualités. Comme clandestinité, on fait mieux !)

 Est-il interdit à un adhérent du PCF d’être membre d’une association ? Est-il interdit à une section du PCF d’héberger une association dans son local ? La réponse est évidemment non, et c’est pourquoi sans doute Patrice Bessac n’emploie cet argument subtil qu’en privé.

 Certains nous répondent en prétendant que cette association là travaille à la destruction du PCF, appelle à le quitter. Nous pourrions objecter que rien, dans les statuts, dont c’est une des regrettables lacunes, n’interdit à un adhérent du PCF de travailler à sa destruction. Des méchants diraient ici qu’il y a un groupe organisé qui travaille à al destruction du PCF, avec, hélas, une assez redoutable efficacité, non rue Montmartre, mais place du Colonel Fabien. Nous ne serons pas méchants à ce point. Mais il suffit de consulter le site de l’association Rouges-Vifs pour constater qu’il y est fort peu question du PCF et de sa direction. Il s’agit d’une association de communistes, dont le but et de mener une réflexion politique et de la diffuser, dans la mesure de ses moyens, qui s’est toujours interdit, depuis sa fondation en 2002, toute ingérence dans les débats internes du PCF. Accuser d’appeler des camarades à quitter le Parti une association qui compte dans son bureau cinq membres de notre section, qui s’obstine à vouloir en rester membres quand Bessac leur refuse la carte et leur envoie la police, est particulièrement grotesque.

 Mais pourquoi donc une association pour mener une réflexion communiste en dehors du PCF ? Nous pourrions esquiver en répondant que nous ne sommes pas les seuls à faire de telles choses. Nous préférons nous expliquer. L’association Rouges-Vifs a été fondée au printemps 2002, après cinq ans de gauche plurielle (privatisations, passage à l’euro, quinquennat dont on voit aujourd’hui les effets, guerres impérialistes en Yougoslavie et Afghanistan) par des communistes qui s’étaient opposés à la politique du gouvernement Jospin (Qui pourrait le leur reprocher aujourd’hui ?) et avaient subi une répression féroce de la part de la fédération. Certains refusaient de rester membres du PCF. D’autres, dont nous étions, voulaient le rester. Beaucoup, la majorité sans doute, n’avaient pas à se poser la question parce qu’ils en avaient été chassés de fait, n’étant plus invités aux réunions par leurs directions de section. Le choix de la forme associative a permis à tous ces militants d’accord sur le fond de continuer à réfléchir et travailler ensemble, en évitant, comme hélas cela s’est fait ailleurs, de se séparer et de se déchirer sur la question de l’appartenance au Parti. Dans les Ier-IIe, nous sommes presque tous restés au PCF, parce que la direction de section ne songeait pas à nous chasser. Cependant, nous avons pu grâce à RV maintenir le contact avec les camarades de la Caisse d’Épargne qui avaient déchiré leurs cartes le jour on était venu de la part de la direction du PCF leur expliquer qu’il fallait soutenir la réforme par Strauss-Kahn de leur statut « archaïque » (On peut penser qu’ils auraient dû rester pour lutter contre la direction. On peut aussi comprendre leur colère).

 

C’est ainsi que nous avons pu, par exemple, organiser quatre conférences publiques ces deux dernières années à la mairie du IIe, avec Bernard Friot sur le salaire socialisé (décembre 2007), Anicet Le Pors sur les institutions (mai 2008), avec des syndicalistes (Dominique Launay,de la SNCF, Cédric Liechti, d’EDF, et nos camarades de la section Benoit Martin (France Télécom) et Éric Lynen (Assurances)) sur le service public (janvier 2009), avec Francisco Lopez sur le système de santé cubain (décembre 2009). Des comptes-rendus des trois premières sont sur le site rouge-vif. À chacun de juger si cette activité est utile ou nuisible à la cause du communisme. À chacun de décider si prêter son local pour organiser cela est pour une section du PCF un crime justifiant sa dissolution antistatutaire, son expulsion par voies policières, et à court terme la vente de son local au profit de gens qui n’ont pas versé un sou pour l’acheter ou l’entretenir.

 

Vous pouvez aussi lire ici le dernier tract de l’association, pour voir si ses positions vous semblent incompatibles avec l’adhésion au PCF.

 

Mais, bien évidemment, la section n’est pas l’association qu’elle héberge. Tous ses adhérents n’en font pas partie. Elle a son activité propose, décidée par tous ses adhérents. Elle se conforme (elle !) aux statutd du PCF et n’a jamais refusé une adhésion ou une mutation. Elle se réunit régulièrement, et s’est en particulier réunie pour tous les congrès du PCF. Elle n’accepte pas la façon dont Patrice Bessac a décidé qu’elle n’existait pas, ni qu’il prétende se justifier en reprochant à la secrétaire qu’elle avait choisie appartenait à une association qui ne lui plaît pas.

 

Emmanuel Lyasse, membre du bureau de Rouges-Vifs Ile de France, adhérent de la section Halles-Bourse Ier IIe (où se trouve son centre de recherche) depuis 2004, après avoir été chassé par une opération serrurière inspirée par la fédération de celle du Ve, où il était étudiant.

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fainzang claude 23/01/2010 10:50


je voudrais connaître l'activité de la section du PCF du 1er 2ème


caroleone 17/01/2010 09:12


Encore c'est gentil qu'il vous dise que vous êtes des rouges vifs, groupe que je défends d'ailleurs car comme le dit le commentaire plus haut ce groupe défend les fondamentaux abandonnés par la
direction. Moi, ce que j'ai entendu à propos de moi et de quelques camarades qui défendent ces mêmes fondamentaux quand j'étais au parti, c'étaient que nous étions des staliniens, mais peut être le
dit-il aussi de vous. Dans ma fédé, on était vraiment pris pour des extra terrestres, des gens venus d'ailleurs qui ne savaient que parler avec des gros mots dans la bouche. Ces gros mots :
communisme, marxisme, lutte de classe etc...ce sont pourtant ceux qui ont fait adhérer nombre de cocos que je sache.
Je suis contente que le blog et la pétition fonctionnent bien et à lire les noms qui vous soutiennent, vous pouvez être fiers, vous avez regroupé de grands noms de la lutte communiste pour nos
idéaux.
Amicalement

caroleone


GARCIA Joseph 16/01/2010 14:50


J'avais cru comprendre ces dernières années, qu'en séances "de rattrapage" sur les questions de la démocratie interne au parti, il était désormais de bon ton de se réclamper de telle ou telle
tendance. Franchement, ce n'est pas ma tasse de thé. Le centralisme démocratique, non dévoyé, me paraît toujours la méthode démocratique la plus adaptée à la vie du PCF, voire même d'autres. A
partir de la nouveauté "mutante" des tendances, je dirai que les Rouges Vifs appartiennent à la maison mère, une branche du PCF plutôt assise sur le combat de classe que d'autres ont abandonné. Que
peuvent incarner les HUE, GAYSSOT,BUFFET, FROMONTEIL ... du communisme. Ils en ont toujours parlé la bouche pleine (j'ose espérer que la bouche) et ils ne représentent qu'eux mêmes, au demeurant,
ils ont effacé de leur vocabulaire le mot communisme. Depuis longtemps d'ailleurs. L'argument de ce BESSAC sur les Rouges Vifs est d'une grande pauvreté politique et idéologique. C'est de la
platitude réformiste, ça ressemble à du rose bonbon comme son bureau à la mairie de Paris. JHe reste fermement du côté des communistes des Halles-Bourse. Jo GARCIA adhérent/militant PCF 1963/2OO3
Anc. Resp.Section PCF BORDEAUX.