Lettres de Guy et Gisèle Chaffaud à MG Buffet

Publié le par Guy et Gisèle Chaffaud

Madame Marie-George BUFFET, Secrétaire Nationale du P.C.F.

 

 

                                                                                                Bonneuil, le 18 janvier 2010

 

Madame,

 

C’est avec consternation que j’ai appris l’expulsion par voie d’huissier et de police, de nos camarades de la section Halles-Bourse, élus statutairement.

 

Depuis quatre décennies, la secrétaire de section Simonne Goenvic, ancienne élue de Paris et ses autres camarades, ont eu une attitude exemplaire et fidèle vis-à-vis du Parti.

 

Adhérent au PCF depuis 1949, j’ai traversé avec lui des périodes difficiles, ce dont je suis fier. Tout le monde ne peut pas en dire autant.

 

La section est sanctionnée politiquement car elle reste sur le terrain de la lutte de classe que certains abandonnent actuellement si facilement.

 

Malgré les interpellations soulevées au Conseil National, vous avez rejeté d’un revers de main méprisant leurs interrogations. Donc, votre responsabilité est engagée. On s’en doutait.

 

Que devient alors la fameuse « démocratie » dans le Parti ? Que restera-il de celui-ci si ça continue ? Et alors, que deviendront les producteurs de richesses qui subissent la loi du profit capitaliste ?

 

Au-delà de la politique politicienne, le Parti doit revenir à son rôle révolutionnaire en faisant confiance aux communistes. Dans leur diversité. C’est ce que j’ai cru « entendre » en regrettant que l’on ait supprimé les cellules, organismes de proximité par excellence.

 

Madame Buffet, remettez sur leurs rails les exclus de la section Halles-Bourse et fermez cette déchirure que beaucoup de communistes vont condamner en tirant les conclusions qui s’imposent. Je m’y emploierai.  A vous.

 

 

Guy CHAFFAUD

Maire Adjoint Honoraire Communiste

de Bonneuil-sur-Marne

A Marie-George BUFFET, Secrétaire Nationale du PCF

 

Vous ne pouvez ignorer ce que l’on pourrait appeler « l’affaire de la section PCF halles-Bourse des 1er et2ème arr. de Paris » et pourtant vous restez muette jusqu’à ce jour. Et, « qui ne dit mot consent » ?

 

Au lieu de débattre dans le cadre démocratique que le parti communiste se dit conduire en permanence, c’est un véritable coup de force qu’a engagé la Fédération de Paris pour chasser de leur local les camarades de la direction de section, élus démocratiquement, pour imposer une autre direction de section « à sa botte » au mépris des statuts, au mépris même de l’avis de la commission des conflits du PCF.

 

Qu’un responsable communiste, Patrice BESSAC, secrétaire d’une grande fédé du PCF, avec apparemment, le soutien de tout l’éxécutif fédéral, puisse, envers d’autres communistes démocratiquement élus, se comporter comme ces vulgaires « patrons voyous » que le PCF est sensé combattre, me paraît tout simplement inadmissible et condamnable !

 

Au débat démocratique, Patrice BESSAC a préféré engager une véritable lutte fratricide, n’hésitant pas à utiliser le mensonge, la justice, les huissiers et la police pour parvenir à ses fins. Il faut être tombé bien bas pour oser assigner en justice une secrétaire de section pourtant soutenue par les camarades qui l’ont élue,  dans un moment où il y a tant d’autres choses à faire. Est-ce donc un crime de rester fidèle à son engagement, à ses convictions révolutionnaires et de vouloir vraiment changer cette société capitaliste qui fait tant de mal à notre peuple, à notre pays ?

 

Cette fraternité, cette camaraderie, cette amitié que nous avons connues au cours de notre vie de militant, se trouvent bafouées, salies et la démocratie, les droits des adhérents méprisés.

 

Simonne GOENVIC, que vous avez menée devant la justice, il se trouve que je peux témoigner aujourd’hui de son honnêteté, son intégrité, sa sincérité et son courage, car je la connais depuis les années 50, lorsqu’ensemble, nous avons fait nos premiers pas de militantes à l’U.J.F.F, la J.C. puis tout naturellement au Parti, confrontées dans notre travail à la lutte de classe, nous avons traversé des périodes difficiles en restant toujours fidèles à nos convictions de communistes, notre volonté de changer vraiment la société. Simonne, durant ces décennies, n’a cessé de se battre pour défendre la condition des travailleurs. Tous ses camarades peuvent en témoigner.

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Vous n’avez pas hésité à mettre en cause sa moralité, mettre un trait sur tout ce que représentante sa vie de militante communiste, j’en éprouve une profonde indignation et en même temps, j’ai honte pour mon parti qui s’éloigne de plus en plus de moi. Plus encore, par sa pratique, le PCF entache son image alors qu’il y a tant à faire pour regagner l’estime de tous  ces gens qui souffrent en France et qui, un temps ont espéré dans le Parti Communiste.  De tels faits ne peuvent que les éloigner encore un peu plus de nous.

 

J’ai signé, bien sûr, la pétition qui vous a été remise et espère encore (suis-je naïve ?) que vous saurez y répondre comme on serait en droit de l’attendre de la 1ère responsable du Parti.

 

Gisèle CHAFFAUD

Communiste de Bonneuil s/Marne

Bonneuil, le 18 janvier 2010 Membre du P.C.F. depuis 1954

 

 

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DIABLO 20/01/2010 09:48


MG Buffet,première responsable du PCF refuse, ès qualité, de condamner les agissements des dirigeants de la fédération de Paris de son parti.Elle engage ainsi TOUT le parti. Dans ces conditions, et
à défaut d'un rapide changement de cap, il me paraît exclu que je puisse voter, au 1er tour du prochain scrutin notamment, pour une liste présentée ou soutenue par le dit-PCF (je suis pourtant
électeur communiste de "toujours"). Au mieux, je pourrais voter, au second tour, pour barrer la route à la liste sarkoziste.