Lettre d'Emmanuel Lyasse à Patrice Bessac

Publié le par Emmanuel Lyasse

Envoyée le premier décembre, suite à la rencontre à Fabien du 27 novemebre (avec copie à Marie-George Buffet et Marc Brynhole).
Pas de réponse à ce jour.

Cher camarade,

J'avais gardé un bon souvenir de notre conversation pendant la Fête de l'Humanité au stand du Ve. Je suis donc extrêmement surpris par ce que Simonne et Éric m'apprennent de votre réunion de ce vendredi à Fabien.

Nous nous étions alors quitté sur un désaccord quant à la propriété du local du 62 rue Montmartre, puisque tu persistais à soutenir que ce n'était pas parce que la fédération n'avait jamais versé un sou pour son achat ou son entretien qu'elle ne pouvait pas s'en considérer comme propriétaire, et en disposer à sa guise, et t'obstinais à refuser de considérer quelles pouvaient être les conséquences pénibles pour nous tous d'une telle attitude, compte tenu des amusants problèmes juridiques que cela pose. Mais sur tout le reste, tu m'avais paru remarquablement ouvert, et lucide.

Tu avais admis sans peine, après une résistance de pure forme, qu'il y avait là une section légitime, qui payait ses cotisations, se confirmait aux statuts. Tu m'avais même dit que tu trouverais parfaitement normal qu'une partie de l'argent de cette section servît à financer l'association Rouges-Vifs Ile-de-France. Ce n'est bien évidemment pas le cas, comme je te l'avais confirmé immédiatement, mais cette supposition gratuite et spontanée de ta part montrait ta sympathie et ta grande capacité d'indulgence, certes totalement inutile, à notre égard. Ton souci était alors de permettre l'unité entre tous les communistes de nos deux arrondissements, et tu déplorais que la direction de notre section refusât de dialoguer avec toi. Ce dernier point m'avait fort surpris.

Depuis que j'ai le compte-rendu de vendredi dernier, je comprends que, si telle est ta conception du dialogue, tu aies beaucoup de mal à trouver avec qui dialoguer. J'apprends que, pour obtenir, enfin, leur carte 2009, des adhérents du PCF en 2008, dont je fais partie, devraient se présenter à Fabien à jours et heures fixés (six heures au total !), munis d'un justificatif de revenus, et à condition d'être prêts à payer en une fois douze mois de cotisation.

Une inquiétude me prend, en tant que membre de ce Parti, et soucieux de ses intérêts. Il me semble en effet que si cette procédure est, et elle ne peut être autre chose en droit, générale, si les 130 000 adhérents que nous revendiquons encore sont ainsi convoqués au siège national (ou même au siège fédéral, puisqu'il paraît que Fabien est maintenant aussi le siège de la fédération de Paris) pour justifier de leurs revenus et payer de cette façon, nous resterons fort peu nombreux, et perdrons beaucoup de bons militants, parce qu'ils ne seront pas libres aux heures indiquée, ou parce qu'ils ont toujours cru, parce qu'on le leur avait toujours dit, que le barème des cotisations était indicatif et que le Parti ne pratiquait ni l'inquisition fiscale, ni le suffrage censitaire.

Si d'aventure une telle mesure ne s'appliquait qu'à nous, j'aurais encore plus de raisons d'être inquiet, en me demandant ce qui peut justifier une pareille mesure d'exception. Je te rappelle que, comme tu l'avais admis volontiers à la fête, les militants concernés étaient à jour de cotisations à la fin de 2008. (Je veux croire que tu ne ressortiras pas ici l'argument qui  a été utilisé devant la commission des conflits, à savoir que notre trésorière, ayant négligé la dernière modifications des statuts qui changent tout le temps, a transmis ces cotisations à l'ancienne, et non par chèque à l'AF. Ce serait bien bas, et totalement ridicule puisque ces chèques ont été encaissés et que reçu en a été donné. S'ils avaient été renvoyés à Dominique, avec explication, elle les aurait sans aucun doute refaits avec le bon ordre).

S'agissant des cartes, cette précision est d'ailleurs purement anecdotique, puisque les statuts indiquent clairement qu'on peut être adhérent, et donc avoir le droit d'être convoqué à toutes les réunions de sa section, sans cotiser. S'agissant du droit de vote, je ne crois pas avoir lu dans les statuts qu'il était indispensable, pour l'exercer, d'avoir payé préalablement à l'assemblée douze timbres directement à la fédération.

Il est donc fort improbable que je me présente à Fabien dans l'intervalle de six heures que tu octroies généreusement (quoi que non statutairement) pour solliciter une carte que je devrais avoir depuis janvier dernier. Je tiens pourtant à rester membre du PCF, et de la section Halles-Bourse. Devrais-je, contre mon sentiment naturel mais en suivant ton exemple, m'adresser à la justice pour que les droits qui me sont reconnus par les statuts du PCF en fonction de l'adhésion que j'ai donnée et des cotisations que j'ai payées me soit reconnus ?

Bien fraternellement,

Emmanuel Lyasse
 

Publié dans Dernières nouvelles

Commenter cet article

Pierre BOUIS 12/01/2010 20:48


et qu'en termes gentils, les choses furent dites.Rien de plus désagréable, pour moi , que de voir le comportement de ces "communistes".Avec vous de tout coeur. Hasta la victoria siempré