Lettre de Caroline Andreani à M.-G. Buffet et au BN

Publié le par Caroline Andreani

 

Pantin, le 30 septembre 2009

 

 

A l’attention de Marie-George BUFFET et des camarades du Bureau national

 

 

Chers camarades,

 

En début d’année dernière, j’ai été interpellée par les camarades des 1er et 2e arrondissements de Paris sur la question de leur local situé 62, rue Montmartre à Paris.

J’ai suivi les péripéties diverses et variées : changement des serrures à l’initiative de la SA Rochechouart, plainte de la SA contre Simonne Goenvic, secrétaire de la section, pour occupation illégale du local, parachutage d’un secrétaire de section inconnu des adhérents, refus de remise des cartes d’adhérents par la Fédération de Paris (la commission des conflits, saisie par la section, a d’ailleurs donné tort à la Fédération)…

La dernière péripétie en date est un commandement d’huissier exigeant la remise des clés par Simonne Goenvic, à la suite du jugement rendu en juillet en faveur de la SA Rochechouart par le Tribunal d’Instance des 1er et 2e arrondissements de Paris.

Cette affaire m’inspire un grand écœurement.

La section des 1er et 2e arrondissements a acquis il y a près de 40 ans un local, qu’elle a entièrement payé avec les fonds des militants, et qu’elle a totalement entretenu depuis (charges de copropriété, travaux, frais divers, charges fiscales, etc.) Elle a cru mettre ce local en sécurité en le faisant racheter à un prix symbolique par la SA Rochechouart, chargée de la gestion du patrimoine immobilier du Pcf à Paris.

Aujourd’hui, alors que le dévouement de ces camarades n’est pas à prouver, alors qu’ils maintiennent une activité politique locale et donc la visibilité du Parti communiste, qu’ils ont des adhérents, une véritable vie de section, la Fédération de Paris cherche à faire main-basse sur leur local. A quel titre ? Au nom de quoi ? Comment cela peut-il se justifier politiquement et humainement ?

Il ne s’agit pas simplement d’un conflit opposant une section à une fédération. Il s’agit de philosophie et d’éthique. Comment peut-on dénoncer le système capitaliste, militer pour un monde plus juste, vouloir mettre l’humain au centre des préoccupations, et fouler aux pieds ces principes dans notre pratique ? Manipulations, méthodes plus que critiquables, procédures judiciaires : est-ce défendable ? Où est l’éthique dont nous nous réclamons ?

Simonne Goenvic est secrétaire de la section des 1er et 2e arrondissements depuis des années. Elle a longtemps été une conseillère municipale communiste dévouée et militante. Elle a pour ainsi dire donné sa vie au parti, ne ménageant ni son engagement militant, ni son investissement personnel. Et aujourd’hui, elle est traitée de manière inhumaine et dégradante par les instances de direction du parti. C’est inacceptable. 

 C’est pourquoi je vous interpelle aujourd’hui sur cette situation. Le conflit entre la section des 1er et 2e arrondissements et la fédération ou la SA Rochechouart est d’ordre politique. Il doit être traité comme tel et non pas par voie d’huissiers.

Je souhaite que les deux parties soient entendues par la secrétaire nationale et le Bureau national – puisque les préconisations de la commission des conflits n’ont pas été respectées par la Fédération de Paris – afin de trouver une solution juste à ce conflit, qui ne peut pas passer par l’expulsion de la section des 1er et 2e arrondissements de son local.

Dans l’attente de votre réponse, je vous adresse mes fraternelles salutations.

 Caroline ANDREANI, fédération de Seine-Saint-Denis

Membre du Conseil national du Pcf

Publié dans Soutiens

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article