Intervention de Camille Marques au CD du 14 mars 2006

Publié le par Camille Marques

Conseil départemental du PCF, mardi 14 mars 2006

 

Intervention de Camille Marques, membre du Conseil départemental du PCF Paris, membre du Comité de section du PCF Paris 14, Conseillère du 14ème arrondissement de Paris

 

 Chers camarades,

Notre réunion de ce soir est censée préparer le congrès départemental des 17, 18 et 19 mars. Seule représentante de la section du 14ème dans cette instance, je me dois vis-à-vis de vous et surtout vis-à-vis de mes camarades de section de dénoncer ce soir la lamentable tentative d'exclusion, de putsch, pilotée visiblement par un secrétariat départemental, qui en grande difficulté politique est réduit aux coups de forces procéduriers pour maintenir son orientation en tentant d'éliminer administrativement ses opposants.

Notre section compte plus de 200 adhérents. Notre arrondissement possède un ancrage communiste fort et ancien. Pour ne citer qu'eux, puisque leurs noms restent dans les mémoires des membres du CD qui n'ont pas adhéré à la dernière pluie, nos camarades Rolande Perlican et Maurice Lassalle ont poursuivi et illustré cette tradition communiste active. Je suis fière de militer à leur suite, d'être élue communiste de l'arrondissement grâce à eux et à leur action.

Le fait est notoire. Notre section a rejeté et rejette fondamentalement les orientations imposées par les directions du Parti depuis la « Mutation » et notamment la participation active au gouvernement de la gauche plurielle, qui pour reprendre les mots de Georges Séguy, a géré loyalement les affaires du capital. Ces désaccords, aggravés par les pratiques antidémocratiques des directions, ont poussé certains camarades à quitter le Parti. La majorité, dont je fais partie, a décidé de continuer à tenir la section, à poursuivre une action communiste dans nos entreprises, notamment la gare Montparnasse ou encore l'Hôpital Saint-Vincent-de-Paul, comme dans nos quartiers. Nous sommes en outre deux élus au Conseil d'arrondissement, avec Jean Calvary, secrétaire de la section, à défendre les positions et l'identité communistes.

Une très large majorité de camarades a exprimé à nouveau son opposition totale avec les orientations du texte issu de la direction du Parti pour le 33ème congrès. Malgré les enseignements du référendum du 29 mai, la Mutation, l'effacement du Parti, sa satellisation à la social-démocratie, l'abandon de nos références révolutionnaires fondamentales, restent plus que jamais à l'ordre du jour. Je fais partie des camarades de la section, une dizaine, qui ont signé un texte alternatif intitulé « Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes ». Beaucoup d'autres camarades ont jugé inutile de s'impliquer dans la préparation du congrès.

Le 25 février, nous avons tenu notre assemblée générale de section préparant le 33ème congrès. Elle a été régulièrement convoquée par Jean Calvary. Les rares partisans de la Mutation-liquidation du PCF dans le 14ème s'y sont exprimés abondamment au cours d'un débat profond, ancré dans l'actualité des luttes en France et dans le 14ème. Nous avons, en conformité exacte avec les statuts en vigueur du Parti, procédé à des votes concernant le congrès et le renouvellement de la direction de section. Il a décidé, après débat contradictoire, je n'étais personnellement pas pour cette option, de ne pas envoyer de délégués au congrès départemental. Le Comité de section a été réélu à l'unanimité. Les partisans de la mutation, se trouvant en faible minorité, ont refusé de jouer le jeu de la démocratie et ont quitté le gymnase Huygens où se déroulait notre assemblée qui a réuni plus de 70 camarades. C'est l'expression de leur faiblesse sinon de leur manque de courage politique, mais c'est leur droit le plus strict.

Mais voilà maintenant que cette poignée d'individus prétend maintenant, avec le soutien de la direction fédérale, du moins de Gérard Mazet, secrétaire départemental qui s'était pourtant invité à notre réunion du 25 février, s'instituer en section du 14ème, même pas en section « bis », et représenter notre arrondissement au congrès. C'est pitoyable. J'en sourirais si ce n'était un nouvel acte de démolition de mon Parti qui m'oblige à réagir avec force.

Ce groupe avait convoqué une soi-disant « conférence de section », avant même la tenue de l'assemblée générale du 25 février à laquelle ils ont participé, reconnaissant sa validité eux-mêmes. Plusieurs camarades se sont évertués à expliquer ce jour-ci à ce qui s'est avéré une toute petit minorité le caractère anti-statutaire et proprement fractionnel de leur initiative. Ils n'ont pas eu raison de leur mauvaise foi puisque cette réunion parallèle s'est tenue le 11 mars, désignant, contre les statuts et tout bon sens, une délégation bidon pour le Congrès départemental et instituant même une nouvelle direction de section et un prétendu nouveau secrétaire dont les faits d'armes sont inconnus de la quasi-totalité des communistes du 14ème ...

Ce soir, je demande que le Conseil départemental condamne et invalide cette opération anticommuniste. J'attire votre attention sur les conséquences, sans doute recherchées par ses auteurs et la direction départementale : le dégoût des camarades les poussant vers la sortie. J'en appelle à votre esprit et votre sens des responsabilités communistes !

Je vous rappelle pour mémoire les articles concernés des statuts en vigueur : l'article 10 qui précise que les assemblées générales de section, et elles seules, élisent leur délégation au congrès départemental. L'article 7-1 stipule que seule l'assemblée générale régulière élit souverainement sa direction, pas nécessairement avant un congrès, comme elle l'a fait le 25 février. Enfin, seul l'exécutif sortant est en droit de convoquer une assemblée générale, le terme « conférence de section » ayant disparu des statuts.

Concernant la question des cotisations, je précise d'abord que l'assemblée générale est composée de tous les adhérents et non des seuls cotisants. Surtout, comme l'a démontré Jean Calvary dans sa lettre du 6 mars, les adhérents du 14ème cotisent et sont rappelés à leur devoir de communistes, selon leur capacité contributive, par notre rigoureux trésorier, Michel Martin, vétéran du Parti ! Mais les cotisations qui arrivent à l'Association départementale de financement, dont les miennes, ne donnent lieu à aucun reversement de la Fédération à la section. Les loyers et charges du local dont profitent librement le groupe fractionnel sont entièrement assumés par la trésorerie de section.

J'en ai fini avec ces explications que j'aurais aimé vous épargner. Je pourrais encore rajouter comment lors du vote des 3 et 4 février la direction départementale s'est permise d'éliminer de la liste des électeurs plusieurs camarades. J'ai déjà dû réagir par un courrier spécial pour que mon nom soit remis dans la liste. J'espère que nous n'en viendrons pas dans le 14ème et à Paris à la situation déplorable de la fédé de la Somme. Cela ne tient qu'à l'exécutif fédéral.

Ma conviction est la suivante. Hue a fait 3% des voix. Marie-George Buffet est donnée à 3% dans tous les sondages pour 2007. Malgré le regain d'intérêt pour le Parti, notamment avec le référendum, le développement de luttes partout dans le pays qui recherchent un débouché politique autre que l'alternance que la résignation au moindre mal, voulez-vous continuer à autodétruire notre parti. Moi, NON ! De nombreux camarades du 14ème non plus !

Nous sommes dans les luttes. Nous sommes désolés de perdre du temps et de l'énergie à contrer de basses attaques venant de notre propre camp. Mais nous savons ce que représente le PCF dans notre pays et nous ne laisserons pas tomber ! Aujourd'hui contre le Cpe et contre le Cne comme contre la privatisation de GDF !

 

Publié dans Le précédent du XIVe

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